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Faire un Don
LE GUIDE DE L'ANTI BURN-OUT

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ALEXANDRE MARS, CRÉATEUR D’EPIC FOUNDATION : “Nous avons besoin de donner du sens à notre travail.” Pour ce Français émigré aux Etats-Unis qui a fait fortune dans la téléphonie mobile et Internet, les entreprises doivent intégrer le don au coeur de leur business.

Et si l’altruisme était la clé du bien-être ? Alexandre Mars, entrepreneur à succès, renouvelle le concept du don dans le monde du business. Selon lui, la philanthropie est le stade ultime de l’accomplissement personnel. Et la clé de la réussite pour des entreprises confrontées à une exigence croissante de responsabilité, notamment de la part de leurs jeunes salariés. Et si ce pionnier du numérique, aujourd’hui multimillionnaire, avait encore une fois raison avant tout le monde ? On est allé lui demander d’où lui était venue cette idée.

MANAGEMENT : Pourriez-vous nous présenter Epic Foundation ?

ALEXANDRE MARS : Epic, c’est une start-up philanthropique. Une start-up parce qu’on a mis en place des outils modernes au service de la générosité. Et philanthropique, parce que nous n’avons pas d’autre objectif que de distribuer de l’argent de la manière la plus efficace possible. On ne gagne rien !

Vous financez Epic sur votre fortune personnelle, à hauteur de 2 millions de dollars par an…

A. M. : Prendre à ma charge les coûts de fonctionnement de la start-up fait tomber une des réticences majeures des donateurs potentiels : le manque de confiance dans l’utilisation des fonds. Nos motivations sont «pures» : offrir un meilleur avenir à toute une génération d’enfants et de jeunes de 0 à 25 ans. Je consacre 5% de mon temps à gérer mes prises de participation chez BlaBlaCar, Pinterest, Spotify… et cela finance mes activités philanthropiques.

Pourquoi vouloir ubériser le don, comme vous le dites ?

A. M. : Le monde change de façon extraordinaire. On passe d’un univers de valeurs égoïstes à un monde hypersocial. Et cette transition se fait très vite. Peut-être parce qu’il y a, notamment chez les jeunes, une forme de surréaction à un modèle de réussite individuelle un peu dépassé. Les générations qui entrent en entreprise sont avides de succès, et c’est bien, mais elles veulent aussi que leur travail ait un sens. La clé, c’est d’aider les autres. Si on a du succès mais qu’on n’en fait rien, on tourne en rond, on déprime. Ubériser le don, c’est également simplifier l’acte de donner et permettre ainsi de mieux connecter deux notions de plus en plus importantes : le succès et le sens.

Comment proposez-vous de faire cela ?

A. M. : Mon étude de marché a duré deux ans. Ce qui freine les donateurs, c’est de ne pas savoir quel est le projet idéal ni comment leur argent sera utilisé. Epic fait ce travail pour eux : nous sélectionnons entre 10 et 20 projets par an, sur 1 900 candidatures, nous passons neuf semaines sur le terrain avec les finalistes afin de s’assurer de leur impact, de la qualité de leurs opérations et de leur management. Enfin, une appli permet aux donateurs de suivre l’impact de leurs dons qui arrivent à 100% jusqu’aux bénéficiaires.

Pourquoi pensez-vous que les jeunes sont plus altruistes que leurs aînés ?

A. M. : La générosité a de beaux jours devant elle ! Les retraités ont envie d’agir, les quadras ont les moyens. Mais l’étincelle vient des jeunes. Vingt pour cent des étudiants de Stanford veulent devenir entrepreneurs sociaux et ce mouvement de fond touche aussi la France. C’est énorme ! Et derrière eux, il y a toute une génération qui ne se reconnaît plus dans ce monde bâti sur les inégalités. En entretien d’embauche, la question qu’ils posent à leur futur employeur ne concerne plus la voiture de fonction. Ils disent : «Je vais bosser très dur, d’accord, mais qu’allez-vous faire de mon travail ?»

Que doivent faire les entreprises ?

A. M. : Mettre le don au coeur de leur business. Dans l’histoire du vivant, les espèces qui ont survécu ne sont pas les plus fortes, mais celles qui se sont adaptées. Si les entreprises ne font rien pour satisfaire la quête de sens de leurs salariés, ceux-ci se détourneront d’elles et de leurs produits. Les réseaux sociaux sont une arme redoutable. La génération actuelle voit tout. Nokia ou Blackberry sont morts par manque de compréhension de l’innovation technologique. Demain, le sort des entreprises se jouera sur l’innovation sociale. La bonne nouvelle, c’est que celles qui l’auront compris recruteront les meilleurs éléments et les plus motivés et développeront les meilleurs produits.

La générosité va-t-elle vraiment changer la façon de faire du business ?

A. M. : En 2009, Paul Polman, le CEO d’Unilever, déclarait : «Notre entreprise doit être visible différemment. Nous allons faire aussi bien que nous le pouvons avec nos clients, nos fournisseurs et nos salariés. Et si nous réussissons cela, les actionnaires y trouveront leur compte.» Une expression américaine dit : «Doing well by doing good.» On peut traduire par «réussir en faisant le bien». Aujourd’hui, on se bat pour entrer chez Unilever.
En France, les obligations de responsabilité sociale ne sont pas suffisantes pour impulser le changement. Certaines entreprises donnent l’exemple, comme Caudalie ou Cojean, qui redistribuent une partie de leurs bénéfices ou de leurs revenus. Cela change tout pour le salarié. A la maison, vous ne direz plus à vos enfants ou à vos proches : «J’ai passé la journée au bureau», mais : «J’ai fait quelque chose de bien aujourd’hui.» Dans les années qui viennent, il s’agit pour les entreprises de savoir comment comprendre et répondre positivement à cette quête de sens des employés. Cela sera exactement la même chose pour les gouvernements et les citoyens.

Qu’est-ce qui vous motive ?

A. M. : Nous avons une chance inouïe : nos enfants étudient dans des écoles fantastiques, ils ont accès aux meilleurs soins, ils font du sport et de la musique. Bref, ils ont toutes les chances de leur côté. Et cela me révolte de voyager à travers le monde et de constater que pour des millions d’enfants l’histoire est écrite à l’avance. Et que, sauf énorme coup du hasard, il y a d’infimes chances pour que ces enfants accèdent à un minimum d’éducation ou à un système de santé correct. Quand j’avais 20 ans, je pensais faire fortune très vite et avoir les moyens de mes ambitions… Les choses ont pris un peu plus de temps ! Mais, il y a cinq ans, j’ai pu commencer à réaliser mon objectif. Epic, c’est la start-up que j’ai toujours voulu construire.

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